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USA-CANADA

Les Rocheuses américaines et canadiennes

GORANDO - Récit de voyage à moto - USA-Canada

Les aventures extaordinaires d'un motard ordinaire... ou alors c'est l'inverse... ?!

C'est mon dernier week-end pour parfaire mes préparatifs pour mon grand voyage dans les Rocheuses américaines et canadiennes. Mon décollage de Paris est prévu en fin de semaine prochaine. Une petite escale sera nécessaire à New-York avant de rejoindre par un second vol Denver (Colorado), ville-départ de mon périple de plus de 10.000 kilomètres.

Mais que mettre dans mon sac ?… Des pulls, assurément !!!

Dès mon arrivée en effet, je prendrai la route en direction de Colorado Springs, au sud de Denver, pour une ascension de Pikes Peak, montagne où a lieu une légendaire course de motos et d'autos survitaminées. Un beau début de programme en perspective. Et si tout se passe comme prévu, je serai au sommet vers midi. Je m'agiterai alors comme un fou devant la webcam qui retransmet les images en live du site, histoire de faire rager ma famille et mes amis restés en France et à qui j'ai demandé, par messagerie, de faire une capture d'écran de ma danse désordonnée afin d'avoir un premier souvenir photographique de mon voyage.

Le message électronique que je leur avais adressé avait pour titre, "Prologue". Je ne croyais pas si bien dire, jugez plutôt.

Un prologue, dans une compétition de sports mécaniques, c'est fait pour - juste avant une première étape - s'assurer que les machines et les hommes ne seront pas défaillants au moment de s'élancer dans la course, qu'ils ont le mental pour avancer dans l'adversité. Je confirme.

Le premier vol jusqu'à "nou ouoc" (c'est comme ça qu'ils disent tous pour parler de New-York) se passe super bien. Nous survolons un long moment les glaces de l'Arctique. Il fait -68°C dehors mais guère plus dans l'avion ! La compagnie aérienne qui me transporte a la réputation de geler ses voyageurs... pour mieux les conserver sans doute. Deux couvertures n'y suffisent pas.

L'aéroport de New-York est très bien fichu, j'y suis déjà passé l'an dernier. Les vérifications très strictes des services de l'immigration se déroulent sans soucis, mais après.... Nous devons tous passer les contrôles des bagages (à mains) et des voyageurs. Pour çà, les américains sont au top ! On enlève les chaussures, les ceintures, les vestes, les foulards, les PC et tablettes sont retirés de leurs housses, même chose pour le GPS, les appareils photos, tout ça bien sûr doit être déposé dans autant de bassines différentes... Je passe ensuite dans la rôtissoire qui déshabille, je me fait tripoter à la sortie, je récupère tout mon bazar, tout baigne pour moi.

Le second vol pour Denver est ennuyeux et je commence à être fatigué. Arrivé à destination, je quitte ma bétaillère à touristes dans les derniers. Nouveaux contrôles, puis je me dirige vers le local à bagages. Reste à trouver le bon ! Après un long, très long cheminement dans l'aéroport je débouche dans une grande, une très grande salle. À chaque coin, un panneau numéroté indiquant l'emplacement des tapis roulants, dans quatre directions différentes ! Sans doute que le chef de cabine avait donné le bon numéro, mais en américain... Je décide donc de rebrousser chemin pour aller me renseigner auprès des deux policiers - un homme fort et une faible femme - que je viens de croiser à l'entrée de cette immense salle.

"STOP ! NE BOUGEZ PLUS ! RESTEZ OU VOUS ETES !"

Je pile. Les semelles à crampons de mes chaussures de marche toutes neuves crissent sur le marbre, je stoppe net ! La femme policier se précipite dans ma direction, une main tendue vers moi comme pour me stopper et l'autre... Sur son pistolet ! Glurps ! L'homme policier, quant à lui porte aussi une main sur son pistolet, l'autre à sa radio tout en allant se planquer derrière un mur ! Re-Glurps ! Je suis un terroriste ! Le calme revient cependant. La policière, voyant que, figé, je ne lui tends que mon billet d'avion retrouve le sourire. Ouf ! Elle me renseigne, je peux récupérer mes bagages.

Il est 22h, direction la navette de l'hôtel. 23h45, exténué, je m'affale sur mon lit king-size. Extinction des feux, enfin !


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ÉTAPE 1
Denver/Cheyenne

Je devais prendre le temps de me réveiller, sans stress, cool... En fait, à 6h30 je suis déjà debout. Départ à 8h30 pour Pikes Peak. Un arrêt préalable dans un supermarché pour acheter quatre pommes, un pack d'eau, un autre arrêt chez Subway pour mon sandwich du repas de midi que je dégusterai, là-haut, à 4300 mètres d'altitude et zou, à moi l'aventure !

Une petite pose pomme au Garden of the Gods de Colorado Springs, puis c'est l'ascension. J'aurai droit à un temps superbe pour la montée et les photos au sommet, et à un temps nuageux qui se transforme en tempête de grêle et neige pour la descente. Trop beau, trop bien, trop mouillé. Après le rapide contrôle de la température de mes freins effectué par un policier au pied de la montagne, je regagne la plaine et je mets ma machine en position essorage. Plein gaz pour évacuer la flotte de mes vêtements trempés.

Un nouvel arrêt au Terry Bison Ranch pour quelques photos insolites et je prend ensuite la direction de Cheyenne, au nord de Denver pour l'étape de ce soir.


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ÉTAPE 2
Cheyenne/Rapid City

À nouveau, je suis déjà levé à 6h30 ce matin. Pas facile de dormir avec le décalage horaire. Ce qui fait qu'à 7h45 je prends déjà la route, plein nord en direction de Fort Laramie (Wyoming) pour une première visite. Le Wyoming est aussi appelé Grassland. Où que l'on regarde, à perte de vue on ne voit que du vert. Des prairies gigantesques avec peu de relief. Les bovins noirs se détachent dans cette immensité.

Vers 9h30 j'arrive aux pieds de l'Army Bridge Fort Laramie. Construit de fer et de bois en 1875, il était bien gardé par les militaires du fort, tout proche. C'est à cet endroit que les premiers "échanges de politesses" entre les soldats et les indiens eurent lieux. Le Fort Laramie est situé juste à côté. Quelques maisons sont bien conservées. L'endroit est vaste. La couleur dominante... Le vert !

Direction ensuite - toujours plein nord - vers Hot Springs Waterfalls pour y voir les chutes d'eau. Pas d'eau, donc pas de cascade. Je continue. Après un bon sandwich de chez Subway (C'est déjà le deuxième mais sûrement pas le dernier), je quitte les plaines pour prendre un peu de hauteur. Je pénètre bientôt dans le Custer State Park. La route qui serpente dans la forêt de bouleaux et de pins est superbe. J'y vois quelques bisons, des chiens de prairies aussi. Mais le temps vire vite à l'orage. Jusqu'à ce soir, les ondées vont gâcher un peu les paysages et mon plaisir de rouler. Je vais me faire saucer à plusieurs reprises.

Je passe sans m'arrêter devant Legion Lake. Il n'y a pas de sentier pour se balader et le temps est plus qu'incertain. Je m'engage ensuite sur la Needle highway. Une route étroite qui ressemble fortement aux routes Corses. Toute aussi tordue. Des rochers similaires aux aiguilles de Bavella méritent une halte. L'endroit est venté. Je me pose ensuite sur les rives de Sylvan Lake pour profiter des quelques rayons de soleil de cette fin d'après-midi.

Un dernier arrêt est prévu au Mount Rushmore. Depuis le temps que j’entends parler du site, voyons à quoi ça ressemble en vrai. Les 4 têtes des présidents me paraissent assez petites. Le site est bétonné à outrance, mais heureusement, les sculptures n'ont pas été "approchées" par de vilaines constructions.

Ce n'est qu'à 19h15 que j'arrive à Rapid City, l'étape du soir. Une grosse journée qui se termine dans un restaurant mexicain, au cœur de la ville.


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ÉTAPE 3
Rapid City/Gillette

Une super belle journée !

Ce matin, à mon réveil, tardif (7h30), je décide de ne pas me rendre à l'est dans le Badlands National Park. J'ai accumulé trop de fatigue depuis mon départ de France pour me lancer dans l'intégralité de cette étape qui aurait été encore plus dense que la seconde. Et j'ai bien fait car j'ai pu ainsi profiter pleinement des magnifiques paysages du nord du Wyoming et du sud de l'état du South Dakota. Même en ne partant qu'à 8h30 ce matin, je ne suis arrivé à Gillette qu'à 18h30 en soirée. Il n'aurait de toute façon pas été raisonnable de faire en plus la boucle de plus de 200 kilomètres vers les Badlands.

Au départ de Rapid City donc : 1/2 heure de route et me voici déjà à Sturgis. Sturgis, c'est un mini-bled à l'américaine avec, typiquement la Main Street plutôt bien entretenue et des rues transversales et parallèles qui servent un peu à y cacher tout et n'importe quoi. Sturgis, c'est aussi le rassemblement annuel des barbus-tatoués fans de Harley-Davidson. Plusieurs dizaines de milliers de ces bikers à franges viennent se "concentrer de bruits, de bières et d'accessoires qui font genre", ici, dans la seule rue principale. Dans la Main Street toujours, à voir, les dalles gravées au sol. Les bikers décédés voient ici leur dernière volonté respectée : Se faire marcher dessus par leurs pairs. Spécial quand même, surtout pour ceux qui se fendent d'une pierre de cimetière avec photo de la moto, du pilote, du logo du club et bien sûr de celui d'Harley-Davidson. Une bonne pub pour la marque... Quoique....

Je reprends la route pour Deadwood et son Mount Moriah Cemetery. Dans ce cimetière payant (!?), les tombes sont semées sur le versant arboré et abrupt de la colline qui domine la ville. Un beau point de vue et, bien mises en valeur, les tombes de Calimity Jane et de son boy-friend, Buffalo Grill (ou quelque chose comme ça ?!). Beaucoup de cow-boys sont enterrés là. À la fin du 19e siècle, c'était le plein boum de la conquête de l'ouest, des chercheurs d'or et des coups de pistolets qui vont avec. Un peu comme à l'aéroport de Denver, ils avaient la gâchette facile. J'en frissonne encore !

Je quitte Deadwood pour justement aller jeter un coup d’œil à la Lead Gold Mine, à quelques kilomètres seulement. Un trou énorme (360 mètres de profondeur) d'où était extrait l'or à la belle époque du "tu m'donnes tes pépites ou j'te flingue" et jusqu'à il y a encore peu de temps. Les derniers camions remontaient plus de 80 tonnes de minerai à chaque rotation.

Je poursuis ma route vers les Black Hills. Magnifique ! Des collines couvertes de séquoias et de bouleaux, de vertes prairies, des ruisseaux à truites, et le ciel bleu ! Je traverse le Spearfish Canyon, la route se transforme en piste. Un arrêt aux Roughlock Falls, très jolies. La piste, je vais l'emprunter sur plus de 40 km ! Personne, la nature juste pour moi.

Il est 17h00, je retrouve l'enrobé. Direction Devils Tower, un piton rocheux aux falaises comme de la pâte à modeler, avec de grandes rayures verticales, qui courent du sommet jusqu'au sol. C'est là que je verrai un serpent de plus d'un mètre cinquante. Même pas peur ! Sur le chemin du retour je croiserai – et j'éviterai (!) - d'innombrables chiens de prairies, des biches aussi. En fin de parcours je quitte les "montagnettes" des Black Hills pour descendre sur un plateau... Vert ! Je suis toujours dans le Wyoming.


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ÉTAPE 4
Gillette/Cody

Une étape toute en contrastes. Mais autant le dire tout de suite, ça a été tee-shirt toute la journée !

C'est à 8h30 ce matin que je quitte l'hôtel de Gillette, bien décidé que je suis à renouveler le sans faute de la veille.

Je quitte assez rapidement les plaines verdoyantes de l'est du Wyoming - après 200 kilomètres quand même ! - et ses antilopes pour prendre de l'altitude en arrivant dans les Bighorn Mountains. La route serpente pour me permettre d'atteindre une sorte de plateau couvert de forêts de sapins. Des plaques résiduelles de neige éclairent les sous-bois (je suis un poète !) et je décide de m'arrêter casser une p'tite graine près du Sibley Lake. Super chouette endroit. Que du bonheur.

Vers 13h30 je reprends la route, toujours plus haut, toujours plus fort. Le plateau se dégage. Il fait grand bleu alors qu'au loin un orage gronde. Je roule pépère ainsi pendant plus d'une heure. À droite comme à gauche, de grandes étendues de neige. Puis c'est la descente vers la plaine.

À environ 60 km de Cody, ma ville étape de ce soir, je bifurque à droite vers le Bighorn Canyon, un lac ceinturé de falaises déchiquetées identiques à celles que l'on peut rencontrer du côté du Grand-Canyon. Un peu plus loin un belvédère est aménagé pour avoir une belle vue sur les méandres de la rivière, quelques centaines de mètres plus bas.

Au final, durant cette même journée j'aurais traversé d'immenses prairies vertes, d'immenses forêts de sapins, un grand plateau couvert de neige et gorgé d'eau sans me douter qu'à moins de 100 kilomètres de là je trouverais des terrains totalement arides et des paysages de désert. Trop beau ! À 18h30 j'arrive à Cody. Une douche et hop ! Je ressors pour dîner et tenter de me faire un rodéo nocturne.

À 19h30 je me présente au guichet pour prendre ma place, à 20 dollars quand même. Un hot-dog et un soda vite enfournés dans un vent tempétueux et zou !, direction les gradins. Le site se trouve entre deux montagnes, un vrai goulet à courants d'air. Avant que tout ne commence, nous avons droit, dans un silence de cathédrale, à un hommage aux inconscients disparus durant les épreuves précédentes. Tous ont le chapeau sur la poitrine, le regard tourné vers le sol. Ensuite, c'est l'hymne national, tout aussi "vécu". Enfin, le spectacle peut commencer. Quelques Pom Pom girls à cheval... Un clown est là pour chauffer le public, et il en a bien besoin tant il fait froid. Au loin, les cow-boys chauffent leurs chevaux en soulevant la poussière dans le soleil couchant.

Première épreuve : Rester le plus longtemps possible sur un canasson tout excité. Pas facile, et même dangereux. L'un des cavaliers n'aura même pas le temps de sortir du box qu'il sera déjà au sol, tout froissé, et son bourrin déjà loin à se cabrer !

Seconde épreuve : Le rattrapé de vachette en solo, au lasso. Beaucoup d'échecs.

Troisième épreuve : Le slalom à fond de quatre (pattes) entre trois plots et retour. Impressionnant dans les virages serrés. Les chevaux, çà braque mieux que mon brêlon !

Quatrième épreuve : Le rattrapé de grosse vachette à 2. Autant d'échecs. L'un des cow-boys attrape le bestiau au cou avec son lasso et l'autre, ensuite, lui attrape les 2 pattes arrières, au lasso toujours. Si ça marche, le bovin s'en met une bonne et reste scotché au sol.

Cinquième épreuve : De très jeunes enfants (10-14 ans) tentent de rester accrochés sur le dos d'une vachette... Avec des cornes ! De l’inconscience pure. Le plus doué, qui se la pète un peu, pose un genou à terre, retire son chapeau, le porte à sa poitrine et salue sa vachette avec respect. Elle, elle en a rien à faire et retourne avec ses copines vite fait.

Dernière épreuve, alors qu'il fait nuit : Rester le plus longtemps possible sur un bœuf cette fois. Et le bœuf, il en a une sacré paire... De cornes ! Énormément d'échecs. Un bœuf, ça catapulte loin ! Au milieu de la piste... Un mannequin genre épouvantail est là pour tenter de guider le bœuf vers le centre de l'arène. À côté, une sorte de gros bidon en caoutchouc percé dessus d'un trou assez large pour qu'un cow-boy en perdition puisse s'y jeter la tête la première avant de se faire encorner ! Joyeux !

Le gagnant, généralement encore entier gagne le droit de revenir, pour se faire massacrer, cette fois.

Il est 22h00 lorsque je quitte l'arène. Un truc sympa à voir, vraiment. Mais seulement si c'est à Cody, la Mecque du rodéo !


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ÉTAPE 5
Cody/West Yellowstone

Tout juste à la sortie de Cody, après un arrêt express dans une station service pour faire le plein et acheter 4 hot-dogs pour... 3,59 USD ! (Une entorse à mon traditionnel passage par le Subway que je regrette déjà), je pars visiter Cody Old Trail Town. En fait, un village reconstitué avec des maisons du Wyoming du 19eme siècle déplacées ici et remplies (c'est le mot !) de vieilleries d'époque. Mais le tout est bien fichu, çà ne fait pas trop kitsch. À voir, le veau à 2 têtes, le mouton à 5 pattes... Je resterai ici plus d'une heure.

Je reprends la route vers l'ouest, en direction du Buffalo Bill Reservoir. Un lac de barrage avec, au fond, la chaîne des Rocheuses (pas au fond du lac, mais à l'horizon).

50 kilomètres encore et je prends mon ticket pour Yellowstone. L'entrée dans le parc est sinistre. La forêt, sur plusieurs dizaines de kilomètres a été ravagée par un incendie. Un premier arrêt est prévu près de la Crazy House, une maison qui ne ressemble à rien avec tous ses étages et toutes ses terrasses, mais qui vaut bien une photo. Je poursuis ma route jusqu'à un belvédère qui domine le grand Lac situé dans le parc. C'est la pose casse-croûte, vite écourtée par une pluie de "neige-grêlante". 5 minutes de soleil, juste le temps de faire de belles photos avec, au fond, l'orage qui gronde. Et j'y vais tout droit !

Le premier véritable arrêt sur le premier site du parc se fait au pas de course, sous un déluge de pluie et neige fondue, glaçantes. Des geysers grisâtres évacuent des vapeurs d’œufs pourris. Sympa !?

Le reste de la journée va s'annoncer meilleur. Le soleil revient, les sites visités sont tous bien mis en valeur, et les vapeurs des geysers ne cracheront plus que des vapeurs d'eau bouillante. Sans parler de toutes ces couleurs. Un régal pour les yeux, jusqu'à l'apothéose, le "craché" cyclique (1 toutes les 2 heures environ) du geyser principal, superbe.

Petit exercice de calcul : Sachant que, d'un van, sortent 7 chinois. Que 5 des 7 chinois possèdent un appareil photos (1 compact, 1 tablette, 1 smartphone, 1 reflex à p'tit zoom, 1 reflex à gros zoom) et que chaque photographe exige à la fois d'être sur toutes les photos des appareils des autres et sur toutes celles de son propre appareil avec tous les autres chinois, individuellement, par paire et en groupe, devant le site, sous 3 angles de prises de vues différents.... On obtient combien de photos au total ?

Même exercice, avec des coréens cette fois.

Bonne cogitation.


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ÉTAPE 6
West Yellowstone/ West Yellowstone

Oh la boulette !

En partant ce matin, j'ai validé sur mon GPS la journée de... Demain et qui possède un petit tronçon de route commun avec le programme d'aujourd'hui, au départ de l'étape. Du coup, j'ai tranquillement visité les lieux remarquables de ce début d'étape, jusqu'à ce que je constate que je roulais le soleil à droite, alors que je devais l'avoir à gauche, direction plein sud. J'ai donc fait demi-tour en fin de matinée seulement, mais je suis parvenu quand même à faire la bonne étape sans zapper grand-chose. Le retour à West Yellowstone ne s'est fait qu'à 20h environ.

En prenant la direction du sud, donc, je me dirige vers le Grand Teton National Park. Le parc longe les Rocheuses par l'est. Les sapins ont littéralement les pieds dans l'eau à cette époque de l'année, avec la fonte des neiges. Lorsque j'ai le soleil dans le dos, les paysages sont très lumineux et autorisent de belles photos. Les rivières à truites se succèdent. Dans les prairies marécageuses je peux voir de nombreux bisons, des oies cendrées également. Des pélicans, aussi.

Tout au sud de ma boucle, je fais une halte dans une plaine occupée jadis par des Mormons. Quelques fermes abandonnées sont réparties de part et d'autre d'une piste totalement rectiligne de 5 kilomètres environ.

La remontée vers West Yellowstone se fait par l'ouest du massif, au travers des plaines cultivées et vallonnées de l'Idaho. Ambiance tracteurs et bouses de vaches garantie.

Ce qui est pénible lorsqu'on roule dans les parcs américains, c'est la très faible vitesse de circulation : 45 miles/heure. Elle a été fixée ainsi non pas à cause de la dangerosité toute relative des routes, mais plutôt pour la sauvegarde des animaux sauvages susceptibles de traverser en dehors des clous. Parfois, à l'approche d'un carrefour, elle tombe à 25 miles/heure. Il faut alors redoubler de prudence car la police de la route et les rangers sont partout.


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ÉTAPE 7
West Yellowstone/Helena

Un bison, c'est futé, mais 50 bisons futés, c'est la pagaille !

Au départ de West Yellowstone ce matin, tout va bien. J'ai programmé la bonne étape sur mon GPS. Mais après 1/2h de route... Maxi bouchon ! Environ 50 bisons futés ont choisi, comme moi, de prendre le bitume pour franchir un canyon étroit, sur près de 5 kilomètres ! Pas bêtes les bêtes. Et çà ne va pas vite, un bison pas stressé ! Je mettrai plus de 2 heures pour me dégager de là. Pas question de contourner l'obstacle en prenant une autre route, il n'y en a pas, à moins de faire un détour "à l'américaine"... 80 kilomètres au moins !

En toute fin de matinée je m'arrête voir une nouvelle cascade puis, après un sandwich sans saveur avalé, le clou du spectacle avant de quitter le parc, un bon arrêt à Mammoth Hot Springs. Un ensemble de trois "fontaines à eau sulfureuse" réputées, laissant dégouliner le liquide toxique en ébullition sur le versant de la montagne. C'est grandiose mais çà pique les yeux ! Et il y a plein de chinois en prime ! J'en ai vu un qui a fait 37 fois le même cliché, véridique ! (appareil photo sur pied, sans modification d'angle de prise de vue ni de réglage, juste un soupçon de changement de luminosité, limite perceptible).

Il est 16h lorsque je quitte définitivement Yellowstone par la porte nord, bien plus jolie que celle de l'est par laquelle je suis entré (forêt calcinée), et plus sauvage que la porte ouest urbanisée, où se situe la ville "dortoir à touristes" de West Yellowstone. Celle du sud était pas mal non plus, c'est celle qui mène à Grand Teton National Park. Du coup, je connais toutes les portes !

Je pénètre maintenant dans le Montana. La route est sinueuse jusqu'à la plaine puis c'est, comme dans l'Idaho hier, ambiance Beausse vallonnées avec de ci de là des silos métalliques typiques du coin. C'est quand même plus "riche" que l'Idaho dont la devise est : "Idaho, famous potatoes" ! Je le sais, la voiture qui me précédait dans le bouchon avait çà d'inscrit sur sa plaque. J'ai largement eu le temps de lire le message... Sacré bonne pub, çà donne envie d'aller y séjourner !

Helena, ma ville étape de ce soir ne ressemble à rien. Je ne suis pas parvenu à en trouver le centre-ville pour y dégoter un bon p'tit resto. Du coup, çà a été fast-food beurk. Mais j'ai pointé pour demain matin le Subway où j'irai acheter mon repas du midi. Il y a au moins çà de bien à Helena.


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ÉTAPE 8
Helena/Pincher Creek

J'y suis ! Ce soir, je dors au Canada, à Pincher Creek ! Le point d'exclamation vaut autant pour le Canada (un nouveau pays à découvrir) que pour Pincher Creek (une nouvelle ville à fuir).

Le Montana, c'est magique !

Au départ d'Helena la route s'élève doucement dans un paysage de prairies gigantesques, sans un seul arbre. Arrivé sur une sorte de plateau je m'engage à plusieurs reprises sur les pistes larges que j'avais repérées. C'est comme rouler dans les estives pyrénéennes mais durant des dizaines de kilomètres sans voir une seule maison. Que des chiens de prairies écrabouillés et d'autres qui gambadent encore, quelques antilopes également. C'est bien simple, sur les 200 premiers kilomètres parcourus, je ne traverserai qu'un seul village. Une sorte de bourgade de cow-boys des temps modernes. Enfin, modernes, il faut le dire vite. Une "main street" de 100 mètres de long pas plus, quelques maisons défraîchies, des commerces à l'abandon, des stocks de vieilles carcasses de voitures, de machines agricoles, une épicerie/bistrot/station-essence, la cabane du shérif et c'est tout. Ah non !, j'oubliais, les cinq églises de confessions diverses et à l'architecture démesurée. Et le motel, à la sortie du bled vaut lui aussi le détour. Par détour, j'entends partir trouver un autre lieu d'hébergement, vite, au secours !

Je fais un arrêt à Eggs Mountain. C'est une sorte de petit canyon où ont été trouvés d'innombrables œufs de dinosaures, des squelettes d'oiseaux aussi. On peut affirmer qu'il y a 76 millions d'années les oiseaux - dont la particularité est de nourrir leurs rejetons au nid - existaient déjà. Des restes de hamburgers ont en effet été trouvés près d'anciens nids. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est écrit sur le panneau. Enfin, pour la traduction, je ne suis pas sûr...

5879 têtes de bétail plus loin, je stoppe en pleine pampa pour déjeuner. Au sol, des jacinthes sauvages, de l'herbe, des bouses. Au loin, la montagne. Deux paysans s'arrêtent pour me demander si tout est OK.

Je pénètre maintenant dans le Glacier National Park, toujours aux USA. Il en existe aussi un du même nom au Canada. Je m'autorise une balade à pied jusqu'à parvenir à une belle cascade. Quelques kilomètres plus loin, j’atteins les rives de Medecine Lake. Quelques canoës, la montagne au fond, donc une belle photo. En ressortant du parc, je tombe sur mon premier ours, à 20 mètres. Super ! La main sur la poignée d'accélérateur quand même, près à bondir si...

Autre site remarquable dans le coin : Fence Hats, un haut lieu touristique du Montana. Sur plus de 1,5 kilomètre, sur chaque poteau de la clôture d'un champ... Une casquette ! Marrant.

Le passage de la frontière se fait sans problème. Deux ou trois belvédères encore et me voici dans un enclos à bisons, visitable en véhicule. Mais je ne verrai que quelques spécimens, au loin. Pas drôle.

L'arrivée à Pincher Creek n'est pas plus drôle. C'est comme une grande zone artisanale avec des hôtels et des fast-food en plus. Je trouve tout de même le centre-ville, une bête rue avec un restaurant chinois et un restaurant traditionnel qu'une automobiliste m'indique comme étant le meilleur de la ville. En fait, un fast-food avec des couverts métalliques et des verres en verre et non en plastique.


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ÉTAPE 9
Pincher Creek/Canmore

Une bonne première demi-journée, une seconde moitié à oublier !

Je ne suis pas mécontent de quitter au plus vite Pincher Creek. Tellement vite que j'en oublie de passer au Subway ! Non mais j'le crois pas...

Environ 90 kilomètres me séparent du premier point d'intérêt, Old Burmis Tree. Un vieil arbre tout rabougri, symbole de l'événement qui se produisit au début du XXe siècle quelques kilomètres plus loin, au niveau de la Crowsnest Pass, un site appelé Frank Slide.

[Note : The Burmis Tree is a limber pine located in south western Alberta in the community of Burmis, Alberta, along the Crowsnest highway and east of municipality of Crowsnest Pass. The tree died in the late 1970s after losing its needles. Limber trees are known to survive harsh conditions and are one of the longest living trees in Alberta. The Burmis tree was estimated to be between 600 and 750 years old. In 1998, it was toppled by wind, however members of local community refused to leave it lying. Efforts were made to stabilize the tree using permanent rods and brackets. In 2004, vandals cut one of the tree's main branches. Locals fixed it again with glue and a prop pole. The community rallied to have the new highway 3 built around the tree rather than destroy the heritage symbol it has become. The tree remains as the sole point of interest in the once prosperous town of Burmis. The Frank Slide was a rockslide that buried part of the mining town of Frank, Northwest Territories, Canada, on the morning of April 29, 1903. It occurred at 4:10 am, when over 82 million tonnes (90 million tons) of limestone rock slid down Turtle Mountain within 100 seconds, obliterating the eastern edge of Frank, the Canadian Pacific Railway line and the coal mine. It was one of the largestlandslides in Canadian history and remains the deadliest, as between 70 and 90 of the town's residents were killed, most of whom remain buried in the rubble. Multiple factors led to the slide. Turtle Mountain's formation left it in a constant state of instability, leading area Native tribes to call it, "the mountain that moves". Coal mining operations may have weakened the mountain's internal structure, as did a wet winter and cold snap on the night of the slide.]

Je rebrousse chemin pour prendre bientôt plein nord, en direction de Bar U Ranch. Non, il ne s'agit pas d'un bistrot de SuperU. Le trajet de 90 kilomètres qui me mène au site mêle un peu de Montana à un soupçon d'Idaho et une pincée de Wyoming. En gros, c'est plutôt vert et franchement beau.

Le Bar U Ranch est un... Ranch. Un site historique et donc non reconstitué. On y découvre de nombreuses bâtisses qui constituaient alors l'un des plus grands ranchs des USA. Il était réputé dans le monde entier pour son élevage de Percherons. Le ranch, qui produisait initialement des bovins s'est diversifié durant les grandes récessions. Céréales, élevage de chevaux de trait. Sur l'un des murs de l'écurie est accroché un visuel du Haras du Pin, situé près d'Angers (tout près de chez moi).

Ce qui est super, c'est que le ranch était encore en activité au milieu du XXe siècle, ce qui fait que dans la maison du patron, on peut voir tout le mobilier de l'époque, avec, notamment, les premières salles de bain... Et même une vraie cuisinière en chair et en os (surtout bien en chair) entrain de faire des gâteaux.

À voir également l'intérieur des 2 roulottes. Elles étaient occupées par les ouvriers partant faire les moissons pendant plusieurs jours. L'une servait de dortoir, l'autre de cuisine/salle des repas.

Les ateliers biens conservés (ferronnerie, harnachements, magasins...) regorgent d'ustensiles d'époque, et, surtout, de sacs, de boites, de pots, de bidons avec leurs étiquettes et sans doute encore des produits dedans.

Il est midi passé lorsque je reprends la route, toujours vers le nord. Je m'arrête déjeuner dans un petit bourg grouillant de barbus à franges sur leurs tondeuses pétaradantes siglées Harley-Davidson. Il est vrai que c'est dimanche. Il faut bien se montrer, sinon, çà sert à quoi d'accastiller sa meule jusqu'à ce qu'elle racle le goudron tellement elle est chargée de ferrailles torsadées et autres cache-machins chromés ? Un bon hamburger avalé et zou !, il est temps de repartir.

Damned ! J'ai seulement parcouru 500 mètres qu'un panneau m'indique que ma route est "closed" pour protéger la "wildlife". Le problème, c'est que des routes, il n'y en a pas des masses. Je dois faire un détour de plus de 100 kilomètres par la highway, passer aux portes de Calgary pour ensuite repiquer plein ouest vers Canmore. Le paysage est quelconque, c'est toujours dimanche, donc les "week-endistes" rentrent chez eux, les carrefours à 4 stop se succèdent, c'est la galère.

Il est 18h lorsque j'arrive à Canmore et là, pour la seconde fois depuis mon départ de France, la réception a zappé ma réservation. Et pour la seconde fois, je suis "délocalisé" (mais surclassé) vers un autre établissement. Pas au point tout çà...

Demain sera, j'en suis certain, une super journée réussie.


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ÉTAPE 10
Canmore/Golden

Première chose à faire le matin avant de débuter l'étape, c'est aller au... Aller au... Subway ! Une rapide recherche sur Google Earth et hop ! à 200 mètres de l'hôtel, ma cantine préférée. Ensuite c'est la station-essence, puis en route.

Le temps est très moyen au départ. Flotte et neige mêlées. Après environ 15 kilomètres, j'entre dans le Banff National Park. Sauf que théoriquement, on doit acheter un Pass. La cahute à Pass est située sur la highway à 2x3 voies... mais sur la file de gauche ! Bête et discipliné que je suis, j'étais bien calé sur ma file de droite à contempler le paysage. Du coup, avec le flux de voitures et de trucks, pas moyen de s'arrêter acheter le précieux sésame alors, roule ma poule ! On verra plus tard. Je profite de quelques éclaircies pour faire des photos des lacs du coin avec, en fond de tableau, le massif des Rocheuses. Je poursuis mon bonhomme de chemin et je stoppe bientôt au Johnson Canyon. Pas de Johnson mais un torrent dans le canyon. Et surtout, une belle balade, entre forêt et précipice, sur une fine passerelle métallique. Un bon moment de détente. Les dénivelés sont très importants. Les américains, en me croisant me disent tous "Aïe !". Ben oui, "Aïe !", c'est que je souffre, moi. À moins qu'ils ne me disent "Hi !" À oui, c'est sans doute çà... Sont sympas les américains.

À plusieurs reprises déjà, j'ai franchi des "continental divides". C'est, dans les Rocheuses, la ligne de séparation des eaux. À l'ouest, elles se jettent dans le Pacifique et à l'est, dans l'Atlantique. Ici, la "continental divide" correspond aussi au changement de comté (pas le fromage !) : Alberta d'un côté, Colombie Britannique de l'autre. Et justement, parlons-en de la Colombie Britannique. Elle est franchement... Britannique : Il pleut à torrent ! Pas pour longtemps heureusement.

Je m'arrête déguster mon sandwich un peu à l'écart de la route, dans une forêt. Gaffe aux ours quand même ! Je vais bientôt pouvoir en voir un de très, très près. Pas éloigné de moi de plus de 4 mètres ! Je dégaine mon appareil photos vite fait en serrant les fesses, trop peur qu'il me prenne pour un pot de miel.

Je quitte maintenant Kootenay National Park, collé à Banff National Park. J'en profite pour enfin acheter mon Pass. La vallée qui me mène à Golden est assez large, peut-être trop. J'ai l'impression de rouler vers la montagne mais sans jamais l'atteindre vraiment. C'est frustrant, d'autant plus que le long de la seule route qui existe et que j'emprunte, rares sont les aires de stationnement et les points de vues. Le soleil est maintenant bien présent, les derniers 100 kilomètres sont agréables mais assez quelconques. Près de Golden il y a une station de ski : Kicking Horse Mountain. Je pensais y trouver de beaux panoramas sur la vallée... raté. Que du béton et des chalets moches. Retour en bas, direction l'hôtel.

Ce soir c'est grande lessive car demain je fais une boucle pour revenir à Golden dans le même hôtel. Mon linge aura le temps de sécher. Ce matin, en prévision de cette grande lessive, j'avais changé de jean. Eh bien le propre, je l'ai "pourri" en mangeant mon sandwich Subway plein de sauce "house". Grrrr !


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ÉTAPE 11
Golden/Golden

Le petit déjeuner n'est pas inclus dans le prix de ma chambre, chouette ! C'est débile de dire çà allez-vous penser... Eh bien non ! car chez Subway, ils servent aussi le p'tit dej. Du coup, comme je reste deux nuits à Golden, çà fait deux bonnes raisons d'aller chez Subway me boire un jus de chaussettes, manger des cookies avec des Smarties dedans, m’imprégner de l'ambiance, des saveurs, des odeurs... Surtout des odeurs. Elles vont s'incruster dans mes fringues pour la journée. Pas grave, moi, j'aime Subway !

Ce matin, direction Revelstoke par le Glacier National Park et le Revelstoke National Park. Une boucle (en fait, un aller-retour vu qu'il n'existe qu'une seule route) de 350 kilomètres environ. Facile !

La barbe, il fait encore super beau ce matin. La vallée se rétrécie, c'est tant mieux. La route "touche" la montagne, trop même. L'hiver a été très rigoureux, les chutes de neiges importantes, ce qui fait que les avalanches ont causé beaucoup de dégâts. Quasiment toutes les aires à touristes sont fermées ! Et moi, je suis un touriste !

L'étape d'aujourd'hui devait être très "botanisante", elle le sera un peu moins, c'est tout. Je vais faire trois beaux arrêts ce matin. Il s'agit chaque fois d'un chemin de découverte des Cèdres et Red Cédar géants, des ruisseaux et des marais également. Chaque fois une sorte de ponton serpente entre les arbres. Le soleil est là, les couleurs aussi. En fait, une couleur : le vert.

Vers 12h30 je prends la direction de Mount Revelstoke. C'était prometteur sur le papier et m.... !, encore une "closure" de road. Du coup, l'arrêt prolongé se fera à un point de vue correct, mais pas extraordinaire non plus. Heureusement qu'il y a Subway !

Le soir venu, je retourne dans mon restaurant d'hier soir. Bonne ambiance (musique, hockey/basket/foot américain sur les écrans), serveuse sympa en (très) mini jupe, lumière tamisée, bonne bouffe, bonne bière... Bonne soirée !


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ÉTAPE 12
Golden/Hinton

Sublime ! c'est en résumé ce que l'on pourrait dire de l'étape d'aujourd'hui.

Au départ, pourtant, je fais la tête des mauvais jours. La machine à café de chez Subway est HS. De quoi me mettre en rogne. J'y achète quand même mon repas de midi et je vais boire mon jus dans la boutique d'à côté.

Il fait frisquet ce matin mais grand ciel bleu, alors en route ! Une grosse 1/2 heure de roulage et hop ! un premier arrêt. Pas un chat à Natural Bridge, dans le Yoho National Park dans lequel je viens d'entrer. "natural", c'est vrai. Une petite plage de graviers, des rochers, des sapins et un vacarme d'enfer. Tout le flux du torrent s'engouffre sous un "bridge" de roches. Avec la lumière du matin, l'eau d'un bleu laiteux, le petit air frais... La journée s'annonce bien.

Je poursuis vers Emerald Lake. Là aussi, on ne m'a pas menti. L'eau est couleur émeraude et forme bien un lac. La signalétique canadienne est correcte, rien à redire. Allons vérifier encore plus loin. Les Takakkaw Falls sont "closed" ! Grrr ! "Takakkontinuer" qu'ils nous disent sur le panneau !

Encore un peu de route et me voici à Lake Louise. Là, je suis redescendu dans le Banff National Park visité l'avant-veille. Si on arrive à faire abstraction des chinois qui grouillent partout autour de leurs bus mais guère plus loin, alors on peut vraiment apprécier les lieux. C'est carrément magnifique. La montagne forme une sorte de cirque, se reflète dans l'eau du lac dont les rives sont encore un petit peu gelées. À la chinoise, je fais pas mal de photos. Un lièvre des montagnes avec encore les pattes blanches de son pelage d'hiver se faufile dans les sapins. Un coup de brêlon et me voici propulsé jusqu'au Moraine Lake, toujours dans Banff National Park. Un peu plus haut, donc un peu plus de glace et un peu moins de chinois. J'en redemande !

Il est déjà bientôt 12h30, l'heure de la pose casse-croûte approche. Il me faut trouver un lac avec encore plus de glace et encore moins de chinois. C'est chose faite sur les rives du Bow Lake. Prononcer "Beauuuuuuu Lac !". Je suis seul sur cette rive gravillonneuse, la banquise s'étend jusque loin sur l'eau, c'est vraiment un chouette endroit. Les lacs et les cascades se succèdent ensuite, les beaux paysages également.

J’atteins Athabasca Glacier en milieu d'après-midi. Le sable, puis les graviers, puis les cailloux, puis les rochers franchis, je me pose au pied du glacier. Ne tenant pas en place, je grimpe jusqu'à bien voir la glace. On se croirait dans l’Himalaya ! Manquent plus que les moulins à prières !

Je reprends la route vers Jasper, dans le parc du même nom, avant de bifurquer vers Hinton, mon point de chute de ce soir. Depuis Hinton, une route toute droite avec que des sapins autour mène jusqu'en Alaska. Je suis ici au point le plus au nord de mon circuit, j'ai déjà roulé plus de 5000 kilomètres. Une photo de biche au passage...

Aujourd'hui j'ai vu à plusieurs reprises des ours et leurs oursons aussi. On me promettait des caribous mais boooouuuuu !... Pas le moindre bout de caribou. Demain peut-être...


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ÉTAPE 13
Hinton/Kamloops

Bof ! Hier j'ai fait plus de cinquante prises de vues, aujourd'hui seulement une quinzaine de clichés. C'est dire tout l'intérêt de l'étape. Je ne vais pas vous mentir, cette étape tenait plus de la liaison que de la réelle balade découverte. Cependant, la route qui relie Jasper à Hinton, et que j'avais déjà empruntée hier soir et que je reprenais ce matin vaut le coup d’œil. Pourtant, je n'aurais jamais du y circuler. En effet, lors de la préparation du voyage, c'est l’absence de chambres disponibles dans les hôtels de Jasper qui m'avait poussé à aller dormir à Hinton. Je ne l'ai pas regretté.

Un petit retour en arrière : Hier soir, je suis allé manger une pizza en face de mon hôtel, de l'autre côté de la rue. Rien de plus banal... sauf que là, la rue est en fait une 2x3 voies sur laquelle la vitesse est "limitée" à 70 miles/heure, et qui possède un carrefour sans feux tricolores mais avec passage clouté ! Autant vous dire que pour ne pas finir comme des chiens de prairies (ceux qui sont tout plats, tout écrabouillés ou qui font des vols planés sur la route), j'ai été très prudent. Mais il est vrai que pour un américain, le piéton, c'est leur vache sacrée à eux. Pas touche, surtout avec un pare-buffle au nez du 4x4 ou du truck ! La pizza était moyenne.

Ce matin, départ à 8h donc, pour une étape longue : 568 kilomètres ! Passage obligé par le ...... Du coin (vous avez deviné !?), puis je fais route vers Jasper, à 75 kilomètres de là, au sud. Derrière moi je laisse la highway qui mène à un premier bled, à 253 kilomètres ! À droite c'est, comme je l'écrivais hier soir, la direction de l'Alaska par la route "touristique" (c'est marqué sur le panneau). Il n'y a pas à se tromper, c'est tout droit et tout plat sur plusieurs centaines de kilomètres, entre les deux forêts de sapins. Suffit de rester sur la chaussée et éviter les caribous. À gauche, çà ne mène nulle part mais c'est aussi dans les sapins. Plein sud, donc.

Je quitte rapidement les forêts denses de sapins pour perdre un peu d'altitude. La montagne, au loin, n'est pas recouverte de neige. J'arrive bientôt dans une plaine marécageuse. À gauche, près d'un petit lac où trois barques métalliques typiques du Canada sont attachées à un ponton de rondins, deux magnifiques cerfs aux bois veloutés attendent LA photo (je retrouve là mon côté poète, vous ne trouvez pas ?). Moment magique. Je pousse plus loin jusqu'aux rives d'un autre lac, plus grand, cerné de dunes de sable brun ! Je n'aurais jamais imaginé trouver du sable fin ici. Peu avant Jasper je tourne à gauche. Direction Medecine Lake dans Jasper National Park. Il porte bien son nom celui-là ! Une invasion de moustiques ! Sauve qui peut, vite, la bombe anti-bêtes (restée dans les sacoches...) ! Une photo de trois oies, une autre de la montagne au loin et c'est reparti. Sur la route qui me ramène à Jasper, au niveau de Maligne Lake (sans intérêt) je verrai à nouveau (encore !?) des ours, des chamois, des biches... Ah !, au fait, l'autre jour j'ai bien vu un loup (à 15 mètres à découvert) mais je n'en ai pas trop parlé car j'ai raté la photo. J'ai zoomé trop fort et après, je n'arrivais plus à remettre le loup dans le cadre. Damned ! Revenons à nos caribous. Toujours pas de caribous. Du coup, un panneau fera l'affaire.

Un petit arrêt au Maligne Canyon, sympa mais déjà envahi de ....... (vous avez deviné !?) et direction Kamloops : 435 kilomètres ! C'est là que çà se gâte un peu. De la forêt, encore de la forêt, toujours de la forêt... 300 kilomètres comme çà. Sur un panneau, pour vanter le coin, ce visuel : Une famille joyeuse dans un champ de pissenlits en fleurs (quand même) avec strictement rien autour, pas un sapin sur la photo. Je soupçonne les locaux d'avoir rasé plusieurs hectares de forêt pour parvenir à ce résultat !

Ce n'est qu'en arrivant à proximité de Kamloops (à l'échelle américaine, çà fait 135 kilomètres) que le paysage change, en pire. Des fermes mal entretenues, des lotissements de bungalows, des cultures maraîchères, des "montagnettes" toutes calcinées et ravinées... Rien de bien joli. Je vais ainsi traverser Mount Robson National Park sans même m'en apercevoir, c'est dire ! Cette fois je suis aux portes de Kamloops. C'est curieux cette ville à flanc de "montagnette", façon village antillais.

J'ai une nouvelle fois gagné 1 heure. Il est donc 2 heures plus tôt que si j'avais perdu 1 heure, alors donc.


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ÉTAPE 14
Kamloops/Vancouver

Rien à voir avec l'étape d'hier. La route qui mène de Kamloops à Vancouver est belle et surprenante tant les paysages changent souvent, sur seulement (!) 450 kilomètres. Et l'apothéose, ce ciel bleu en découvrant Vancouver et le Pacifique !

Dès mon départ de Kamloops en direction de l'ouest, les sapins disparaissent. En arrivant sur les rives de Kamloops Lake, les collines se déboisent, une herbe rase et quelques buissons n'arrivent pas à retenir l'eau des pluies qui ravine les sols. Manquent que les cactus et on pourrait se croire dans le Nouveau Mexique. Les terres sont occupées ici par des communautés indiennes. L'élevage des bovins semble être leur seule occupation avec la messe. Les églises en bois ressemblent à nos chapelles. Les foins sont déjà coupés, et dans la plaine les champs sont à nouveau arrosés pour la repousse.

En bifurquant à gauche au niveau de Hat Creek Ranch que je zapperai tant çà sent le piège à touristes, je me retrouve en Auvergne ! De vieilles bâtisses en bois à toits de lauzes ressemblent à des burons auvergnats. Des canyons se creusent, me voici maintenant dans le Lot. À nouveau le désert maintenant. Je croque une pomme près du vieux pont suspendu de Lillooet. Il est aujourd'hui condamné, trop dangereux. Je pousse plus loin jusqu'à Seton Lake. Le lac se déverse dans la Seton River, dont l'eau glaciale est réputée renfermer les meilleurs saumons du monde, rien que çà. Les sapins refont leur apparition, sans pour autant "étouffer" le paysage.

Il est 13h lorsque je stoppe à l'aval de Duffy Lake. Magistral ! Pas un souffle d'air, le lac est comme un miroir. Les monts enneigés au fond, la forêt sur le versant de la rive d'en face, un bon sandwich Subway... le bonheur absolu. Des centaines de troncs se sont agglutinés dans le goulet qui marque le déversoir du lac. On peut très nettement les voir sur Google Earth. Je resterai ici plus d'une heure. Je reprends quand même la route, direction Whistler Village cette fois. C'est une station de ski huppée. Je pensais pouvoir y prendre le télécabine... Raté, tout est fermé. Un peu plus loin, Alice Lake me laisse un peu sur ma faim. Il est vrai qu'après Duffy Lake, difficile de faire plus joli.

La route qui me rapproche de Vancouver serpente à présent en plaine. Des peupliers, des champs "spongieux", on se croirait dans les basses vallées angevines (c'est chez moi !). J'entre maintenant dans le territoire Squamish. Une communauté indienne qui vivait jadis dans la gigantesque baie qui mène à Vancouver et au Pacifique. Howe Bay, Horseshoe Bay, Lions Bay sont autant d'endroits magnifiques. La route surplombe les flots, d'innombrables îlots font penser à la Baie d'Halong. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Je suis là à plus de 40 kilomètres de l'océan et pourtant je le vois déjà, au loin.

L'arrivée à Vancouver se fait sous un grand ciel bleu. Je franchis le Lions Gate Bridge pour plonger vers Downtown Vancouver. La circulation est dense mais en moins d'une heure je suis à mon hôtel. Aux carrefours, des chants d'oiseaux synthétiques signalent aux piétons malvoyants qu'ils peuvent traverser la chaussée. Un chant de coucou sur un axe, un chant de galinette cendrée sur l'autre. Astucieux et champêtre... Ma monture est stationnée en sous-sol, mes bagages sont déposés dans la chambre et, aussitôt, je ressors à pied pour dîner. À 100 mètres j'avais repéré un restaurant sympa. Et vous savez quoi ? Depuis le balcon de ma chambre je vois, de l'autre côté de la rue... Subway !!!

Demain, s'il y a du vent et que c'est couvert, je visiterai Vancouver !


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ÉTAPE 15
Vancouver/Victoria Island

J'avais dit : S'il y a du vent et que le ciel est couvert, je visiterai Vancouver. Oui, sauf que là, c'est du crachin de chez crachin qui m'empêche même de voir le Subway de l'autre côté de la rue en ouvrant mes rideaux ce matin. Du coup, je me rends directement au bateau pour Victoria Island. La traversée dure environ 45 minutes. Superbe moment que celui passé à l'extérieur, sur le pont supérieur, tout à l'avant. Il y a un vent de folie, mais c'est bon. Arrivé au goulet de Gulf Island, le ciel commence à se dégager. En mettant roues à terre, il ne pleut plus.

Victoria Island est une île bizarre. La végétation est luxuriante, limite tropicale, les belles demeures chics côtoient les infâmes taudis, la vitesse est très souvent limitée à 25 miles/heure, il y a partout des jardins de légumes et presque autant de carcasses de vieilles voitures mais qui elles, ne poussent pas.

J'avais prévu de visiter The Buchart Garden. C'est sûrement très bien mais il y a beaucoup de monde (une bonne dizaine de bus) et à 60 dollars l'entrée plus le parking payant, au secours ! Vite, collez-moi un petit bout de papier rouge vif à ma visière pour que direct, on me montre la sortie sans passer par la case foule ! non mais... Du coup, je poursuis mon périple en direction de Fort Rodd Hill (l'ancien fort militaire) and Fisgard Lighthouse (le phare). J'y resterai plus de 2 heures, c'est dire si c'était bien. Le soleil, le vent, les odeurs de goémon, les mouettes, pas un seul chinois (çà faisait longtemps que je n'en avais pas parlé alors... ils sont sûrement au Buchart Garden), le sandwich Subway, le top !

Je décide quand même de poursuivre plus loin. Il est 16h, je découvre petit à petit le centre-ville. Pour trouver une place pour garer mon brêlon d'abord, pour trouver l'aéroport à hydravions ensuite. Les taxi-boats croisent allègrement les voiliers, qui eux-mêmes croisent les avions. Tout çà a l'air de fonctionner parfaitement. Dans le port, un jeune phoque attend à l'arrière d'un restaurant flottant qu'un cuisinier lui jette des restes. Nous sommes samedi, c'est jeune et bondé. Il y a une ambiance du tonnerre. De jeunes mariés circulent bruyamment dans de grandes limousines. Une course de vélos traverse la ville au son des sirènes de motards de la police ouip ! ouip ! ouip ! ouuuiiiiiuuuuoooouuuu ! (je fais bien la sirène, vous ne trouvez-pas ?).

Il est 19h maintenant et je peine à trouver un restaurant qui ne soit pas encore full. Je reprends ma monture pour me diriger vers l'hôtel et m'éloigner ainsi du centre. Une bonne pizza et hop ! Une bonne nuit de sommeil pour reposer la peau des brûlures du soleil (si, si, c'est vrai !).


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ÉTAPE 16
Victoria Island/Vancouver

Quelques gouttes de pluie annoncent une très belle journée. C'est comme cela que çà fonctionne ici au Canada. J'ai mis le réveil à sonner un peu plus tard pour ce matin. 7h30 au lieu de 7h00. L'étape ne fait que 145 kilomètres dont 50 kilomètres de bateau.

À 8h30 je fais vrombir le moteur surpuissant (?) de ma bécane. Auparavant, un petit contrôle des niveaux est effectué. L'huile moteur est liquide comme de l'eau mais d'une belle couleur caramel, alors en route ! J'avais repéré hier soir de beaux tags muraux, je vais donc en premier lieu les photographier. Je repasse ensuite devant l'aéroport à hydravions, puis je m'arrête près des maisons flottantes. Un endroit super sympa le dimanche matin car... Il n'y a personne. À côté des maisons, des bateaux de plaisance et encore plus loin, quelques bateaux de pêche au homard et à la langouste. C'est curieux ces armoires électriques recouvertes de film adhésif imprimé. La mer descend, le ponton qui mène à la berge devient pentu, il est temps de remonter sur la terre ferme.

Direction maintenant un joli parc, à quelques mètres de la côte.

Je reprends la route, toujours en longeant la côte est de l'île, tout en remontant doucement vers le bateau. Une marina offre une petite balade. Je n'ose pas m'asseoir sur ce banc, avec photo, écriteau et fleurs en plastique à la mémoire d'un disparu. En fait, presque tous les bancs publics ont été financés par des familles de défunts qui avaient émis le souhait qu'il en soit ainsi. Mais là, çà fait bizarre. L'homme a disparu en 2000 quand même...

Pour le déjeuner je me rends au sommet du Mont Douglas (200 mètres d'altitude environ). Il offre une vue panoramique sur Victoria Island et les îles avoisinantes. Un petit coin d'herbe sèche entre deux rochers, un buisson pour donner un peu de couleur... Une bonne suée pour grimper... Oh ! que le sandwich va être bon !

J'embarque dans le ferry de 13h. Il fait super beau, je me dirige - le temps de trouver le bon ascenseur, le bon niveau, la bonne porte - vers le pont supérieur. Le vent souffle fort, mais qu'est-ce que c'est bon ! Dans le goulet de Gulf Islands, nous croisons un autre ferry. Ce n'est pas large ici. Un marin vient déverrouiller les ancres, au cas où... Et en profite pour lustrer la cloche du navire.

En débarquant je loupe une bretelle de highway, pas grave, je retrouve le chemin de l'hôtel au cap (boussole GPS), il est situé à plus de 30 kilomètres ! Trop fort.

En fait je n'irai pas jusqu'à l'hôtel tout de suite. Il n'est que 16h30. Je prends - toujours au cap - l'azimut ouest, direction le Telus Science Center (une boule en papier aluminium !?), situé au fond de l'anse qui fait face à Downtown Vancouver. Une bonne fin d'après-midi à déambuler au soleil, sur le ponton. Belle vue aussi sur le Stadium, là où se déroulent les compétitions de hockey.

Il est 18h30 lorsque je reviens à mon hôtel, évacué par les pompiers. Il y a dans la rue rien moins que trois camions-échelles, des policiers... Et, comme dans les films, des rubans jaune et noir "fire zone - keep out" qui condamnent tous les accès. Je parviens quand même à rentrer, l'opération "danger gazoline" est terminée.

Depuis la fenêtre du restaurant ce soir, j'avais vue sur un carrefour à feux tricolores sur un axe, et à stop sur l'autre ! Déjà, c'est bizarre. Encore plus bizarre, c'est de voir un automobiliste au stop qui tente de s'engager et qui, n'y parvenant pas, descend de sa voiture pour aller appuyer sur le bouton dédié aux piétons, pour arrêter le flux des voitures de l'axe à feux. Le plus dur, c'est d'arriver à revenir à sa voiture assez vite pour ne pas que le feu repasse au vert car là, comme de nombreuses voitures ont été stoppées, lorsqu'elles repartirons, l'attente n'en sera que plus longue au stop. Vous me suivez, là ?

Une superbe journée, encore.


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ÉTAPE 17
Vancouver/Seattle

L'étape du jour sera extra, une fois de plus. Pas facile de quitter le Canada dans ces conditions. Météo au top, paysages au top, mais il faut bien avancer. Ce soir je serai à nouveau aux USA, à Seattle exactement.

Ce matin, après une traversée d'environ une heure de Vancouver, du nord est au sud ouest, j'avais choisi d'aller à Gary Point, à l'embouchure de la Fraser River. Une belle randonnée m'attendait, un petit côté Baie de Somme, avec des fleurs sauvages, l'odeur de la vase, des bois flottés, une petite brise, le slalom entre les chiures d'oies cendrées et de celles des "pets" à sa mémé. "Pets" (pas ceux des mémés), ça veut dire animaux de compagnie, en américain (chiens, chats et autres batraciens). Vraiment un chouette endroit.

Pas besoin de reprendre le brêlon pour aller voir Steveston Harbour, un port de pêche actif. Une ambiance "Boobà et Forest Gump". Sauf que là, c'est du saumon qui est principalement pêché. L'endroit est occupé principalement par la communauté asiatique. Mais là, ils n'ont pas le temps de se prendre en photos, tout le monde bosse. Une dame au chapeau chinois semble plier des draps tout sales (?!). Non, il s'agit à y regarder de plus près de poissons plats congelés tout juste sortis d'un grand carton posé dans la benne d'un pick-up garé au soleil. La chaîne du froid, connaît pas !

C'est sur le port que je prendrai le déjeuner. Je n'aurais, ce matin, parcouru qu'une cinquantaine de kilomètres. C'est très dur pour moi de m'arracher de mon banc, au soleil sur le Pier (ponton). Je fais quand même route vers la "border line" des USA. 40 minutes de bouchon. À mon tour enfin, j'avance vers le douanier. Planqués derrière leurs moustaches et leurs lunettes noires, ils se ressemblent tous ces policiers. Aucun ne fait d'effort d'articulation. Ils posent des questions basiques du style : "vous venez d'où, vous allez où, pour combien de temps, dans quel but, quand repartez-vous chez vous, avez-vous des guns dans vos bagages, de la drogue, du fromage, une belle-mère... ?" Sauf que le mien, de douanier, il a en plus un appareil dentaire ! Trop c'est trop ! Je passe quand même sans problème. J'ai été filmé par douze caméras, simultanément.

200 kilomètres de highway sans intérêt plus au sud, me voici à Seattle. Un peu de ralentissement sur la 2x7 voies, mais rien de bien méchant. Il suffit d'anticiper tout changement de direction. Merci le GPS !

Comme hier à Vancouver, je vais voir des maisons flottantes. Sauf que là elles sont beaucoup moins accessibles. Les pontons sont interdits aux visiteurs, les photos aussi... Certains propriétaires dont les maisons touchent la rive se sont aménagés de petits jardinets plein de moustiques et d’aoûtats. Sans parler des chiures de mouettes. C'est cool.

Un coup de bécane et me voici au Wooden Boats Museum. Un musée genre Port Rhu de Douarnenez (Finistère) sauf que là, c'est gratuit (!) et qu'il y a une belle collection (re-!) de bateaux de tous âges, et en excellent état. Le site touche le port de plaisance super chic où sont amarrés de nombreux yachts. Au loin, on peut voir la tour du Space Needle, emblème de la ville.

Il est 18h30, direction l'hôtel, dix bon kilomètres au nord. Je zappe ce soir la friche industrielle de Gaz Work Park, je la ferai demain matin avec une bien meilleure lumière sur la ville.


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ÉTAPE 18
Seattle/Kennewick

Seattle est une ville compliquée. Des collines qui masquent les repères visuels essentiels, des ponts, des highways qui se chevauchent, qui se croisent et surtout qui se ressemblent, des gens "bon chic belles fringues" qui courent dans certains sens et des cyclistes pressés qui zigzaguent dans ceux qui restent... Du coup, il faut avoir les yeux sur eux, et de ce fait, on a moins les yeux sur la route... D'où un certain cafouillage pour parvenir à Gaz Work Park, le premier lieu de visite. Une ancienne usine à gaz, pas géniale par temps gris. On a quand même d'ici une vision large sur Downtown Seattle. Au fond, la Space Needle Tower. C'est là que je vais maintenant.

Re-cafouillage... Lorsqu'on est au pied de la tour, pas facile d'en faire une belle photo. Par-contre, l'Experience Music Project Museum qui se trouve juste à côté mérite qu'on s'y attarde. Des effets de matières, des couleurs changeantes des courbes harmonieuses. Bref, une belle architecture. Je suis inspiré. Clic ! Clac ! C'est dans la boîte.

À l'approche du Pike Place Market, çà re-cafouille grave pour trouver une place de parking. Les rues sont aussi pentues qu'à San-Francisco, il y a des sens uniques partout. Le marché est très animé, très chouette à voir. Les américains photographient les légumes et les poissons qu'ils n'ont pas l'habitude de voir dans leurs "super-malbouffe-markets". Du frais ? quelle horreur...

Encore un mauvais embranchement de highwayavant de quitter Seattle et me voila parti enfin cette fois c'est sûr au sud-est, vers Kennewick.

C'est seulement vers 14h que je stoppe dans le bled paumé d'Ellensburg. Sur Wikipedia on peut lire : "Ellensburg est située au croisement entre les autoroutes Interstate 90 et Interstate 82", c'est dire tout l'intérêt du village. Mais quand même, moi, j'arrive à y trouver des trucs sympas. Comme par exemple cette habitation "habitée", c'est le moins que l'on puisse dire. Un fou furieux du catadioptre, le propriétaire. Il en a accroché des milliers dans son jardin. Avant de repartir, je vérifierai qu'il n'a pas chapardé ceux de ma moto...

Plus loin et tout aussi original, le Yellow Church Cafe. En voila une idée qu'elle est bonne pour faire venir du monde dans nos églises, les transformer en troquets ! Sauf que là il n'y a personne. Ce sera pour moi un bon expresso au soleil, sur la terrasse. Un magasin vieillot "sonorisé" attire mon regard et agresse mes oreilles. C'est le Old Skool's Shop. En plus des fringues vintage qui y sont vendues et qui sentent bon la naphtaline (pour ne pas dire les pieds), au fond du magasin, une seconde pièce toute aussi "old school" fait office de salle de spectacles (théâtre et musique).

Je reprends la route, direction le Wild Horse Monument. Un ensemble de sculptures de chevaux en bonne ferraille de 20 millimètres d'épaisseur au moins. Les bestioles dominent les Columbia River Gorges et le Wanapum Dam (barrage). Le temps se gâte. Les 70 kilomètres qui restent à faire jusqu'à Kennewick offrent un grand rien avec des poteaux électriques dessus. Du coup pas de photo. Kennewick se profile maintenant à l'horizon. C'est une ville comme beaucoup d'autres : des hangars, des églises, des "boîtes à bouffe".

Vivement demain !


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ÉTAPE 19
Kennewick/Boise

Je progresse dans mon retour vers Denver. Je serai ce soir à Boise (non, je n'ai pas dit bouse !), dans l'Idaho, l'état des "famous potatoes" ! Pas "famous" la journée, à dire vrai. Plus de 560 kilomètres et pas grand chose à se mettre sous la dent, sauf les "potatoes". Mais je le savais qu'il s'agissait d'une étape de liaison. Le temps est gris, limite pluvieux.

Au départ de Kennewick, c'est toujours l'état de Washington. De part et d'autre de la Columbia River que je franchis et qui me fait entrer dans la plaine de l'Oregon, partout des champs ronds. La rivière permet l'irrigation de ces vastes parcelles, arrosées par d'immenses rampes sur roues qui ont la particularité de pivoter sur un axe situé au milieu des champs. On voit très nettement ces cultures sur Google Earth. Je traverse ensuite un grand "rien" sur 50 kilomètres avant de buter sur les Blue Mountains. Enfin quelques virages. Je retrouve là les sapins qui bouchent toute la vue. 100 kilomètres comme çà, et encore des champs ronds... Sur 100 kilomètres également.

Ensuite, je pénètre dans un autre grand "rien", encore plus vide que le premier. Mais comme la nature a horreur du vide, elle a inventé la Sumpter Valley. Le temps vire au plus que correct, je saisis ma chance, je vais la découvrir.

Baker City est le point d'entrée de la vallée, où coule la Powder River. La vallée est en cul-de-sac. Au fond, à 25 kilomètres environ il y a Sumpter. C'est un ancien village de chercheurs d'or. Et dans ce village, il y a une drague monumentale qu'il est possible de visiter. Le site n'est pas payant mais je donne 5 USD à la dame qui tient le gift shop (magasin de souvenirs). C'est une association locale qui restaure le mastodonte et les dons aident à financer les matériaux. La machine est imposante, on peut rentrer dedans. Sur Google Earth on voit très bien, entre Sumpter et Phillips Lakes, en amont de Baker City, des sortes de circonvolutions cérébrales, témoins de l'avancement de la machine pendant le travail de drague dans la rivière. À quelques kilomètres de là, l'ancienne gare est elle aussi bien conservée. Un joli petit train fait même la liaison entre Baker City et Sumpter à la saison touristique. Mais là, c'est "closed".

Je retourne ensuite vers Baker City. Mais auparavant, il faut manger. Je déguste mon sandwich - dont je tairai la marque pour une fois - au bord de la Powder River pleine de truites qui, comme moi, déjeunent. Il fait beau, qu'est-ce qu'on est bien ici ! Mais c'est reparti.

Il est 16h30, j'ai encore plus de 150 kilomètres à faire. Deux heures plus tard, je suis à l'hôtel. Enfin non, 3 heures plus tard car je dois avancer ma montre d'une heure. Je n'ai plus que 8 heures de décalage avec la France.


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ÉTAPE 20
Boise/Twin Falls

Sortir de Boise, c'est facile. Trois quatre feux rouges et zou ! c'est déjà la campagne. Je suis toujours dans le pays de la patate (mais pas que) et ce, jusqu'à ce soir à Twin Falls et même après (çà c'est de la précision !). Jusqu'à Mountain Home, 60 kilomètres au sud-est, rien à dire vu qu'il n'y a rien à voir. Il fait beau, il fait chaud, c'est l'essentiel.

Je retrouve un peu de relief ensuite en piquant à l'est. Les ranchs se succèdent et leurs porches d'entrées aussi. Enfin façon de parler car comme ils font chacun plusieurs centaines d'hectares, il n'y en a quand même pas des masses. Mais le paysage est joli. C'est sauvage, il n'y a personne.

Alors ensuite, une fois redescendu dans la vallée, je traverse... Comment dire... Un champ de luzerne grand comme un département ! 80 kilomètres de ligne droite dans la luzerne. Et croyez-moi, il n'y a rien qui ressemble plus à un pied de luzerne qu'un autre pied de luzerne. Mais moi, comme j'aime bien essayer de trouver le quelque chose de différent, je finis par m'abîmer les yeux. Du coup, pour me remettre les yeux en ligne dans les orbites, je stoppe et je me jette sur n'importe quoi, comme ce vieux relai de poste. Et comme à côté il y a de vieux silos, çà fait 2 photos de plus dans la besace.

La luzerne (on va en parler puisque ça vous intéresse) est arrosée non-stop pour un rendement de misère, du genre un ballot de foin par hectare environ. Et quand on voit la débauche de matériel nécessaire à sa récolte... (fin de la discussion).

Après le champ de luzerne, le champ de cailloux. Oui mais c'est pour ces cailloux là que j'ai fait tant de kilomètres. Me voici en fin de matinée arrivé à Crater Of The Moon National Park. Un plateau volcanique impressionnant et grand comme un demi-département. Un vrai cahot de lave durcie à perte de vue. Le champ de cailloux est cerné par des "montagnettes", et lorsque les pionniers ont contourné l'endroit, infranchissable, il n'ont trouvé (c'est marqué sur le panneau) qu'un seul point d'eau, la lave agissant comme de la pierre ponce et retenant l'eau de pluie.

Plusieurs balades sont possibles dans le parc. Il y a plusieurs types de reliefs à voir. cela va des "cavernes", ancien puits d'éjection de la lave - où rien ne pousse et où on ne compte pas plus de 5 espèces animales qui viennent s'y réfugier - aux espaces reconquis par une végétation poussive. Dans ces derniers espaces, on compte environ 25 variétés végétales et autant d'espèces animales, sans compter le touriste. Il est 16h30 quand je quitte le parc, enchanté de la visite. Environ 100 kilomètres restent à faire jusqu'à Twin Falls. La route que j'emprunte nord-sud est pile entre le champ de luzerne et le champ de cailloux. C'est marrant de voir, à droite du vert et l'arrosage intensif et à gauche, le désert jaune et sec comme... le désert.

L'arrivée à Twin Falls se fait par le nord, en franchissant le pont métallique au-dessus de la Snake River. Tout de suite après le pont, je m'arrête au point de vue. Le fond du canyon est rempli de terrains de golf. Enfin, en amont de Twin Falls, à quelques kilomètres seulement, je vais voir les Shoshone Falls. Ils appellent çà ici "The Niagara of the west". Pas mal, un peu exagéré sans doute... Il fait encore ([°F=87] - 32) x 5/9 degrés Celsius à mon arrivée à l'hôtel. Chaud, quoi.


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ÉTAPE 21
Twin Falls/Salt Lake City

Bonneville Speedway, là où un appareil photos numérique ne parvient pas à faire la mise au point !

Même si elle ne comportait qu'un seul véritable point d'intérêt, cette étape de plus de 500 kilomètres restera dans ma mémoire.

Au départ de Twin Falls, je prends plein sud pour quitter sans regret les champs de luzerne et de patates de l'Idaho. Après 65 kilomètres environ, je pénètre dans le Nevada, l'état du jeu et des casinos, celui de Las Vegas aussi que je connais bien. 200 mètres après le panneau de changement d'état, me voici à Jackpot, çà ne s'invente pas. En plein désert, les pelouses des casinos plantés là sont vertes, un modeste aéroport touche quasiment les bunkers à fric. 200 mètres encore et c'est à nouveau le désert de chez désert.

À Wells, au pied des Ruby Mountains aux sommets enneigés, je bifurque plein ouest après avoir pris un bon espresso façon "what else ?" chez Bella's Restaurant. Au départ, c'est un vrai espresso assez serré mais fait avec du mauvais café. Mais si on demande un peu de "hot water" pour l'allonger, même si avec le doigt on indique qu'il faut en mettre un tout petit peu, notre espresso se transforme immédiatement en un américano façon jus de chaussettes. Grrrr ! Plein ouest donc, sur 150 kilomètres de désert aride et poussiéreux. Il fait déjà 95° F et pourtant je ne suis pas encore redescendu sur Bonneville Speedway.

Ça y est, j'y suis enfin. C'est surréaliste. Devant moi, un lac salé gigantesque. Ce lac salé est situé à 1850 mètres d'altitude, alors que celui - similaire - que j'ai approché dans la Death Valley était, lui, à 85 mètres en-dessous du niveau de la mer. Bonneville Speedway, c'est l'endroit où les suppositoires siglés Red Bull ou Monster battent des records de vitesse. Et bien moi aussi, j'ai réussi un run de folie !

Il est malheureusement midi et la luminosité est intenable, pour moi et pour mon appareil photos. L'effet de mirage et le blanc conjugués, la mise au point autofocus est inopérante. Je dois, par exemple viser ma moto avant de me décaler vers le sujet en pleine lumière. Les photos macro sont impossibles. Trop de blanc. À l'entrée du site, un motard trouillard me demande s'il peut me suivre sur le sel. Il a peur de mourir ! Le blaireau !

Le sol est dur, le sel craque sous les pneus, et je ne pousserai ma monture qu'à 70 miles/h environ car çà reste glissant et, surtout, l'effet de mirage n'est pas rassurant. On a l'impression, comme les montagnes et les bornes du couloir de roulage que je vois, de flotter dans les airs.

Je ne resterai qu'une heure environ en plein soleil. Vite, de l'ombre ! Mon traditionnel sandwich sera dégusté à l'ombre d'une station essence. Il fait si chaud qu'un vieil homme vient d'y faire un malaise. Sheriff, pompiers, ambulance, tout y est. Le pauvre homme, complètement dans le cirage devra être suffisamment conscient pour signer lui-même son ordre d'hospitalisation, sinon, il ne bouge pas d'ici ! Allucinant !

Je fais route à nouveau. Devant moi, un ruban d'asphalte totalement rectiligne de 80 kilomètres tracé en plein milieu du lac. Des panneaux préviennent : Vitesse limitée à 80 miles/heure, contrôles radars aériens fréquents, attachez vos ceintures, risque de brouillard, attention à la fatigue... Mais visiblement ces avertissements ne suffisent pas. Je verrai plusieurs stèles sur le bas-côté. Toutes réalisées avec des matériaux pris sur place : des cailloux, des branchages apportés par le vent, un enjoliveur de voiture accidentée et les bouts de ferraille qui vont avec, des morceaux de pneus de camions... Un nom, une date, une croix.

Après ces 80 kilomètres, à nouveau des tronçons de quelques dizaines de kilomètres, tous droits et liés entre eux par de légères et grandes courbes. Je parcours ainsi 150 kilomètres jusqu'à l'entrée de Salt Lake City. Juste avant, je fais un arrêt à la marina de la ville (située quand même à 20 kilomètres du centre). En effet, à cet endroit une dépression d'une cinquantaine de mètres de profondeur et de 25 kilomètres de côté est remplie d'eau salée (concentration en sel jusqu'à 25%). À la fin du XXe siècle, une station balnéaire avait été édifiée sur la rive du lac. Mais le lac s'est asséché. Après plusieurs reconstructions, en 1993 une salle de concerts (?!), sorte de blockhaus à dômes dorés supra moche est définitivement édifiée en remplacement de la station balnéaire. Dans la marina, un vestige des jeux olympiques d'hiver de 2002 : le plot d'un poteau porte-drapeau gravé du sigle des jeux.


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ÉTAPE 22
Salt Lake City/Vernal

Encore une belle étape bien remplie.

Ma première visite de la journée, je l'effectue au Temple Square de Salt Lake City. Mais qu'est-ce donc ?

[Temple Square est un site de 40 000 m² situé à Salt Lake City, Utah, aux États-Unis, appartenant à l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (mormons). À Temple Square se trouvent le Temple de Salt Lake, le Tabernacle, le Salt Lake Assembly Hall, le Monument des Mouettes (Seagull Monument), deux centres de visiteurs. Ces dernières années, l'usage du nom de Temple Square s'est modifié incluant d'autres immeubles immédiatement adjacents à Temple Square le Joseph Smith Memorial Building, le centre humanitaire, le centre de conférence, les bâtiments administratifs de l'Église, le Family History Library (Bibliothèque d'Histoire de la Famille), le musée d'Histoire de l'Eglise, le bâtiment administratif de la Société de secours (Relief Society Building).]

Voila, vous savez tout ! Le site est cerné par un mur de près de 4 mètres de haut, les portails sont en fer plus que massif. Une fois à l'intérieur, les fidèles et ceux qui ne le sont pas encore ne peuvent plus sortir, piégés ! J'aime prendre des risques alors, je me faufile à l'intérieur.

Durant ma déambulation matinale, j'ai vu un de ces fidèles embrasser son appareil photos numérique avant de prendre un cliché du Temple, celui qui ressemble à une bête église. J'ai vu sortir également du Temple, pratiquement simultanément, 8 mariages au moins. Il y a de la mariée "pouf", de la mariée "barbie" qui cherche son "ken" parti s'en mettre une avec ses potes, bref il y en a pour tous les goûts. Chaque groupe se faisant prendre en photos sur les marches de l'édifice avec demoiselles d'honneur rose bonbons et tout et tout. En même temps, des groupes de chinois guidés par des interprètes zigzaguent dans tout ce beau monde "ensamediché" (vu qu'on est samedi et pas dimanche, endimanché, çà ne marche pas).

Dans les jardins, les Mormons marmonnent, pas possible de faire une photo sans des gens. Alors je me résigne... Je m'incruste dans le Tabernacle, un bâtiment surmonté d'un dôme genre papier aluminium impossible à prendre en photo tellement il brille. À l'intérieur, une guide joue à l'intention d'un groupe de norvégiens une fausse cérémonie de quelque chose (elle déchire en trois morceaux une page de Playboy je crois...) tandis que juste à côté un groupe de chinois mitraille la scène en gesticulant dans tous les sens. J'ai vu un chinois équipé d'une caméra fixée au bout d'une perche se filmer entrain d'écouter ! Bonjour l'intérêt de la chose. Dans le Tabernacle, des concerts géants sont donnés.

Il est déjà 10h30, le temps pour moi de m'échapper. Au carrefour du coin, une vendeuse de frites a installé sa friteuse à moins de 5 mètres des pompes à essence. Après le "Plus près de toi mon Dieu" de Temple Square, c'est "Plus près de toi mes frites" de chez Maverick Carburants !

Salt Lake City est une ville neuve, beaucoup de bâtiments ont visiblement été édifiés pour les jeux olympiques. En sortant de la ville, je verrai au loin les pistes de saut à ski.

Je prends un peu de hauteur, direction plein ouest vers la Uinta-Wasatch-Cache National Forest (je sais, ce n'est pas facile à dire). Cette forêt, c'est comme un terrain de camping qui ferait 50 kilomètres de long. Les américains raffolent de ce concept. Le week-end, ils viennent avec 4x4, quad, bateau, caravane, BBQ, chien, hamburgers et tout un tas de bazar dans ce genre d'endroit. Les emplacements sont libres mais payants dans tous les recoins de la forêt. Les familles accrochent un panonceau à leur nom à une branche à l'entrée du sentier où elles sont installées pour se regrouper. C'est propre, il y a des WC partout et les rangers aussi. Je m'arrête bientôt aux Provo River Falls. Superbes. Je traverse une forêt de bouleaux et de pins très aérée, donc agréable.

Le déjeuner ne se fera pas sur l'herbe, mais sur la neige. Un tableau encore plus beau. Génial pour garder l'eau et le dessert au frais. C'est reparti. J'avais prévu un peu de piste, j'y suis. À droite toute, 25 kilomètres de gravillons. C'est bon, çà... Je roule à environ 2500 mètres d'altitude, sur un plateau occupé par les vaches, les chiens de prairies, les antilopes, quelques fermiers. Que du bonheur ! Belle lumière, beaux sujets et, surtout, personne !

J'arrive rapidement à un village fantôme, c'est Piedmont Ghost Town. En fait, la piste sur laquelle je roule était au XIXe siècle la ligne de chemin de fer. Piedmont était un village de pionniers du rail. Au début du XXe siècle le tracé de la voie ayant changé, le village s'est éteint dans les années 40. Restent, bien conservés, les trois fours à charbon de l'époque.

Je poursuis mon chemin vers Vernal en traversant des paysages très variés. Cela va de la prairie marécageuse à la colline de caillasses en passant par la forêt, les canyons rouges, jaunes, ocres... Le ciel est chargé mais le soleil revient à l'approche de Vernal. Vernal, c'est comme une ZI doublée d'une ZA et entourée d'une ZUP ! Beurk !

Une bien belle journée qui se termine par un "fast-bouffe".


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ÉTAPE 23
Vernal/Steamboat Springs

Je quitte Vernal sans problème et sans me retourner (!). Il n'y a qu'une seule vraie rue dans le gros bourg, il suffit de rester dessus, vers l'est pour moi et zou !

À seulement 25 kilomètres de là, j'entre dans le Dinosaur National Monument. Un parc gigantesque à cheval entre l'Utah et le Colorado, qui a la particularité de renfermer des pétroglyphes. C'est aussi un site paléontologique important où l'on trouve de nombreux fossiles de dinosaures. Aujourd'hui, on peut y voir aussi un touriste, moi. C'est très rare, çà. Par une route à gauche je me dirige - après un premier checkpoint - vers le meilleur spot à pétroglyphes, au fond d'un canyon. Les couleurs des roches y sont magnifiques. On y voit représenté Rocco (?) les attributs à l'air, sur une autre dalle on peut voir un bouquet de fleurs (?), et sur la droite, la première pub Orangina (?). Une grande diversité de motifs, donc. Au fond du fond du canyon, la fermette d'un pionnier venu là, avec femme et moustiques.

Je ressors de ce goulet un peu sur ma faim. Normal, il est presque midi. Mais 15 kilomètres plus loin, une nouvelle route à gauche s'enfonce dans le parc sur plus de 50 kilomètres. Personne, pas même un chinois.

Les 15 kilomètres qui séparent les deux points d'entrée du parc sont terribles pour... Les chiens de prairies. Un d'écrabouillé tous les 20 mètres. Un carnage. La route devient glissante, c'est une horreur. Sur cette même portion de route désertique, je croiserai un grand voyageur à pied, gilet jaune de sécurité sur les épaules et poussant un... Caddie de supermarché ! Rouge, le Caddie. Serait-ce l'ambulance à chiens de prairies ?

Cette seconde incursion dans le parc me mène de "panorama en panoramique". Belles vues sur les canyons, bel endroit pour pique-niquer, belle tache de sauce "mustard" sur le pantalon.

Il est 14h30 lorsque je quitte le parc. En route pour Steamboat Springs. Soit le Causse Méjean à la sauce américaine (ah non !, ça suffit les taches...) : 180 kilomètres ! Le ciel vire à l'orage, j'essuierai quelques gouttes. Enfin je redescends du plateau pour rejoindre la vallée jolie comme tout. J'y retrouve l'herbe grasse, les fougères, les bouleaux, les carcasses de voitures, les gens.

Steamboat Springs est une belle bourgade qui bouge et qui a un centre-ville. Dans les environs se sont déroulées plusieurs épreuves des jeux olympiques de 2002 de... Salt Lake City ! Devant l'équivalent de notre mairie, un peu comme serait présenté le menu d'un "fast-bouffe", un panneau indique où il est possible de rendre grâce au Dieu que l'on a choisi d'honorer. Je compte pas moins de 27 lieux de culte ici, sodas et frites compris !

Au final, une journée bien colorée et un bon bol d'air à plus de 2300 mètres d'altitude.


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ÉTAPE 24
Steamboat Springs/Denver

Une étape 100% nature, 100% grand air.

La route qui sépare Steamboat Springs de l'entrée du Rocky Mountains National Park est un condensé de tout ce que j'ai pu voir en montagne, donc magnifique. Mais le parc est encore plus beau. la fonte des neiges n'étant pas terminée, l'eau "dégouline" sur la chaussée. Pour la première fois je vois un élan. C'est moche mais ça manquait à mon tableau de chasse à l'image alors, je prends quand même. À midi je m'arrête en pleine nature. Le panorama pour moi tout seul. Il y a pire comme environnement pour manger mon dernier excellentissime sandwich Subway !

Mais il fait vite frisquet et les nuages arrivent. Le ciel qui s'assombrit marque définitivement la fin du voyage. Je ne reverrai plus le soleil d'ici à Denver.

Retour à la case départ, Denver (Colorado). Pour demain matin 6h50 la navette est réservée. Décollage à 10h30 et retour en France via Toronto au Canada. L'arrivée à Paris est prévue pour mercredi en début de journée.

Un bien beau voyage.

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